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Le Mouvement Réformateur

Notre Histoire - Le Libéralisme

1. Aux origines du Libéralisme

Aux origines du LibéralismeLe 26 août 1789, quelques semaines à peine après la prise de la Bastille, symbole de l'absolutisme, un texte reconnaît et proclame les droits naturels de l'individu : la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen. Ce texte établit la « démocratie libérale », une démocratie qui se traduit concrètement par une série de libertés fondamentales comme la liberté de pensée, d'opinion, de réunion, de pétition et de circulation. La déclaration consacre également le caractère inviolable et sacré du droit à la propriété. Cette charte était le fruit de la philosophie des Lumières. Si l'homme jouit de libertés fondamentales, il a également des devoirs.

L'individualisme n'implique pas une absence de l'Etat. On attend de celui-ci qu'il fasse respecter l'ordre politique et économique naturel. Il garantit l'exercice des libertés et la jouissance des droits naturels. Il s'occupe des plus démunis en organisant l'assistance publique, comme en favorisant l'éclosion des talents individuels grâce au développement de l'instruction publique. La Révolution française a engendré l'Etat moderne et a scellé l'alliance de l'individu et de l'Etat contre l'absolutisme et l'obscurantisme. L'Eglise de l'ancien régime incarne cet obscurantisme. Pour les esprits libéraux, elle représente le fanatisme et le conservatisme.

Les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège ayant officiellement été intégrés à la République française en octobre 1795, les libéraux belges se rallièrent au nouveau régime et à sa politique casaro-papiste et laïcisante.

La formule de Voltaire « l'Eglise est dans l'Etat, et non l'Etat dans l'Eglise », était la référence officielle. Après la chute définitive de Napoléon 1er (1815), le Traité de Vienne (1814) ayant redessiné la carte de l'Europe, les départements belges furent rattachés aux anciennes Provinces-Unies sous la couronne de Guillaume 1er. Ce souverain était soucieux de la suprématie du pouvoir civil sur le pouvoir religieux, mais le joug hollandais était si pesant, qu'unis aux catholiques depuis 1828, les libéraux figurèrent parmi les principaux acteurs de la Révolution belge de 1830. L'unionisme qui avait permis la naissance de l'Etat belge fut officiellement abandonné par beaucoup de libéraux après qu'en 1839, le conflit avec la Hollande ait officiellement pris fin. De plus en plus choqués par les prétentions de l'Eglise catholique, par sa volonté de profiter des libertés inscrites, en 1831, dans la Constitution du nouvel Etat pour imposer ses vues à la société civile, les libéraux décidèrent petit à petit de lutter contre son influence. En 1841, la loge maçonnique bruxelloise « Les amis Philanthropes », à l'initiative de Théodore Verhaegen - l'initiateur de la fondation de l'Université Libre de Belgique en 1834 - constituait une association électorale intitulée « Société de l'Alliance ». Cette société électorale fut à l'origine de la réunion du premier Congrès libéral, en l'hôtel de ville de Bruxelles, le 14 juin 1846.

2. La fondation et le développement du parti

La fondation et le développement du partiC'est à l'occasion de ce premier Congrès que l'opinion libérale belge, déjà dotée de principes, va se donner une structure et un programme.
L'essentiel de celui-ci réside dans les dispositions visant à garantir l'indépendance réelle du pouvoir civil et, d'une manière plus précise, plaçant l'enseignement public sous la direction exclusive de l'autorité civile en donnant à celle-ci les moyens constitutionnels de soutenir la concurrence contre les établissements privés. C'est dans ces termes que le Congrès adopte la charte du libéralisme belge qui va définir la ligne de conduite du parti libéral jusqu'à la fin du régime censitaire. L'organisation électorale sera beaucoup plus difficile à développer. Après le Congrès du 14 juin 1846, l'opinion libérale dispose d'un ensemble d'associations électorales locales, cantonales et d'arrondissements. Mais les lignes qui doivent les unir n'existent pas, ou ne prennent qu'une forme ténue.

L'organe exécutif central, le Congrès, se réunit une dernière fois en 1847. Radicaux et doctrinaires - ces derniers incarnés par les personnes de Théodore Verhaegen et Walthère Frère-Orban - s'opposent sur le question des droits politiques à accorder ou non aux Belges écartés des comices électoraux en fonction de l'article 47 de la Constitution, celui-ci établissant le suffrage censitaire. Des gouvernements libéraux homogènes dirigeront les affaires nationales de 1847 à 1852, de 1857 à 1870 et de 1878 à 1884. Le liégeois Charles Rogier, grande figure de la révolution de 1830, dirigera ces cabinets jusqu'en 1867, époque où lui succéda Walthère Frère-Orban.

La question de la sécularisation de la société civile, et plus particulièrement de l'enseignement, sera très souvent agitée jusqu'à la première guerre mondiale (1914-1918), entraînant de violents conflits avec l'Eglise catholique. Les conflits entre libéraux doctrinaires (tendance Frère-Orban) et libéraux progressistes (tendance Paul Janson) furent également particulièrement violents, s'articulant autour de la question de l'introduction en Belgique du suffrage universel. En 1887, un premier Congrès libéral progressiste fut organisé à Bruxelles. Trois années plus tôt, les doctrinaires bruxellois s'étaient groupés au sein de la Ligue libérale, référence pour tous les libéraux belges appartenant à cette nuance de l'opinion. L'union des « Gauches libérales » ne fut plus réellement obtenue qu'en 1900. Sept années auparavant, une première révision constitutionnelle avait introduit en Belgique le suffrage universel tempéré par le vote plural.

3. L'évolution au cours du XXème siècle

Depuis 1913, année de sa création, le Conseil National du Parti libéral est l'instance suprême du parti, mais c'est le Comité permanent qui, petit à petit, détiendra réellement le pouvoir d'action. Au lendemain du premier conflit mondial, le parti est de plus officiellement dirigé par un président.
L'introduction, en 1919, du suffrage universel pour les hommes, a modifié profondément la vie politique belge.

L'ère des gouvernements bi- et tripartites débute. Durant l'Entre-deux-Guerres, les libéraux seront presque continuellement présents à la tête des affaires nationales, n'ayant cependant vu qu'une fois un des leurs accéder aux fonctions de Premier ministre (Paul-Emile Janson en 1937). Les questions économiques et sociales sont celles qui, à l'époque, mobilisent l'opinion publique. De 1936 à 1939, les libéraux s'opposeront également sur le terrain électoral au parti rexiste, d'inspiration fasciste, créé et dirigé par Léon Degrelle. La défense laïque de l'enseignement de l'Etat constitua le cheval de bataille du parti libéral jusqu'en 1958, année de la conclusion d'un Pacte scolaire entre les trois grands partis politiques traditionnels (libéral, socialiste et catholique). Le clivage entre cléricaux et libres-penseurs en étant devenu dépassé, le Parti Libéral s'imposa une réorientation idéologique. En 1959, le Président Roger Motz, au cours d'un grand congrès doctrinal, fit valoir les grandes convictions qui devaient être celles du parti : tolérance religieuse, respect des libertés individuelles, économie de marché, attachement à l'enseignement neutre, confiance dans l'initiative privée et attribution aux pouvoirs publics de fonctions exclusivement complémentaires. Deux années plus tard, en mai 1961, Omer Vanaudenhove était élu président du Parti Libéral et se donnait pour mission la transformation réelle de sa formation politique, en fonction des principes arrêtés par son prédécesseur. En octobre de la même année, naissait le Parti de la Liberté et du Progrès (PLP), qui ouvrait ses portes aux milieux catholiques et constituait une force solide face à la gauche socialiste.

La campagne électorale de 1965, menée sur les thèmes de la tolérance religieuse, de l'anti-travaillisme et de l'unitarisme, aboutira à un grand succès électoral. En raison des résultats obtenus, la ligne politique du PLP sera maintenue.
Les questions linguistiques prenant une ampleur extraordinaire à la fin des années « 60 », le PLP, victime de sa politique unitariste, connaîtra de sérieux revers électoraux. Le parti libéral n'étant pas assez flamand en Flandre, pas assez wallon en Wallonie et pas assez bruxellois à Bruxelles, l'éclatement communautaire du parti était devenu inévitable. En 1970, naissaient le PVV (version flamande du PLP) et le PLP wallon. Durant cette période, les résultats électoraux de la famille libérale sont particulièrement mauvais. En 1976 est constitué le Parti pour les Réformes et la Liberté en Wallonie (PRLW), grâce au ralliement de différents parlementaires du Rassemblement Wallon (RW), dont François Perin et Jean Gol. Convaincu de la nécessité de rétablir l'union au sein de la famille libérale francophone, Jean Gol se fera le chantre de l'unité et obtiendra la création, en mai 1979, du Parti Réformateur (PRL) ; une formation francophone pluraliste et populaire, dont il sera le premier président.

Le PRL était porteur d'un nouveau projet de société. Dès les élections européennes de 1979, la famille libérale vit ses résultats électoraux s'améliorer. En décembre 1981, après un important succès électoral, se constituait le premier gouvernement Martens-Gol.

4. La période contemporaine (de 1981 à 2005)

Jean GolNommé Ministre de la Justice et des Réformes Institutionnelles et Vice-Premier Ministre au gouvernement fédéral, Jean Gol quitte la présidence du parti. Son successeur, Louis Michel, est élu par 89,7% des voix lors d'un congrès de janvier 1982.

Sous cette nouvelle présidence, le PRL accentue dans ses discours et dans ses actes l'axe social et populaire de son programme. En 1985, il organise ainsi la première fête libérale du travail. La même année naîtra également la désormais célèbre formule du « Moins d'Etat (en matière fiscale et économique) mieux d'Etat (en matière sécuritaire, de recherche scientifique, de relations extérieures et de solidarité sociale) ». Soucieux d'une organisation interne qui permette au plus grand nombre de s'impliquer, le parti décide également en 1987 d'instaurer un système d'élection présidentielle au suffrage universel.

Sur le plan électoral, le PRL multiplie les succès. Les scrutins européens de 1984 lui permettent ainsi de devenir le premier parti à Bruxelles et d'obtenir 2 sièges au lieu d'un seul. De même, les élections législatives anticipées de 1985 (suite à la démission volontaire de Jean Gol et de l'ensemble des Ministres libéraux au lendemain de la catastrophe du Heysel) offrent au PRL une victoire éclatante, tant en Wallonie (24,2% des voix, + 2,5%) qu'à Bruxelles. A nouveau, un gouvernement Martens-Gol voit le jour.

En 1987, l'affaire des Fourons et la crise politique qu'elle engendre contraint le gouvernement à la démission. La campagne du PRL, sous le thème « L'essentiel d'abord », cible majoritairement les problématiques fiscales. Les résultats électoraux démontrent un recul du parti, qui, s'il demeure la première force politique de la Communauté française et de Bruxelles, cède sa place de leader wallon au PSC.

Le Gouvernement Martens qui voit le jour au mois de mai 1988 exclut les libéraux de sa composition. Après plus de 6 ans de gestion exemplaire, le parti est rejeté dans l'opposition. Conscient de la nécessité de réagir en interne à cette situation, le PRL travaille à sa réorganisation structurelle et programmatique. Le texte « Projet libéral 1989 », essentiellement inspiré par Jean Gol, appelle ainsi à « retrouver les accents du libéralisme social de Paul Janson, de Paul Hymans et de Jean Rey » (in Marc D'Hoore, 1997).

En 1989 un tandem composé d'Antoine Duquesne et de Daniel Ducarme prend les rênes du parti. Malgre de multiples efforts, le parti ne progresse pas électoralement. En 1991, le PRL connaît un nouveau recul aux élections législatives, qui met fin au bicéphalisme présidentiel. L'année suivante, Jean Gol, seul candidat, est à nouveau élu président, avec 93,7% des voix.

En 1993, le PRL et le FDF (Front Démocratique des Francophones) annoncent la conclusion d'un accord de fédération les reliant l'un à l'autre. Basé sur un « Projet commun pour les Francophones » invitant les Wallons à la vigilance et à la résistance face aux revendications flamandes, l'accord prévoit la constitution d'une coupole, sorte de structure de concertation permanente, mais aussi la mise sur pied de listes de cartel et l'unicité des groupes parlementaires.

La fédération subit son premier test électoral dès 1994, année d'un nouveau scrutin européen. Par rapport aux résultats additionnés des deux structures séparément, ceux de la fédération sont positifs et encourageants, puisque le PRL FDF gagne 1,5%. De même, les élections fédérales de 1995 représentent un succès pour la fédération, qui reste toutefois exclue de la composition du gouvernement.

En septembre 1995, le PRL est confronté à la disparition soudaine et brutale de son leader, Jean Gol, décédé à la suite d'une hémorragie cérébrale. Le mandat présidentiel sera repris par Louis Michel, élu par 90% des votes. A travers le « Manifeste », d'abord, élaboré dans le courant de l'année 1996, et « Rendre confiance » ensuite, Louis Michel marque sa volonté d'axer le message libéral sur des thèmes sociaux et humanistes. Par 96,3% des voix, Louis Michel sera à nouveau élu président pour 4 années en 1997.

Dès 1996, Gérard Deprez, membre du PSC, exprime publiquement sa conviction selon laquelle le redressement de la Wallonie passe par la mise sur pied d'une telle fédération, capable de contrer l'adversaire socialiste. En 1997, Gérard Deprez annonce la création d'un mouvement dissident du PSC, le MCC (Mouvement des Citoyens pour le Changement). En décembre 1998, le MCC et le PRL FDF signent un accord de fédération, et officialisent ainsi leur volonté commune de mener leurs combats politiques sous des couleurs identiques.

Les élections fédérales de 1999 vont provoquer des changements fondamentaux dans le paysage politique de la Belgique, puisque la famille libérale va reprendre les rênes du pouvoir. Les votes ont bouté les sociaux-chrétiens hors de la majorité sur le plan national. Forte de sa victoire, la fédération voit son président, Louis Michel, chargé par SM Albert II du rôle d'informateur. En juillet, un gouvernement « arc-en-ciel » voit le jour, qui regroupe les familles socialiste, libérale et écologiste, et qui est dirigé par Guy Verhofstadt. Louis Michel devient Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères, Antoine Duquesne obtient le ministère de l'Intérieur, et Didier Reynders celui des Finances. Durant cette législature, les libéraux porteront sur le devant de la scène des dossiers importants, tels que la réforme fiscale ou la réforme des polices, et seront présents sur de nombreux terrains, notamment à travers l'activité de Louis Michel aux Affaires Etrangères, soucieux de réinstaurer une vraie éthique dans les relations internationales.

Les changements politiques de 1999 sont conséquents puisque en même temps que les élections fédérales, des élections régionales se sont tenues. Désormais, la famille libérale est représentée à tous les niveaux de pouvoir, Région wallonne, Région bruxelloise et Communauté française. Les libéraux obtiennent dans chaque entité fédérée trois portefeuilles ministériels. L’Economie, l’Environnement et l’Aménagement du territoire et la Fonction publique en Région wallonne ; la Présidence de l’exécutif, l’Environnement et l’Aménagement du Territoire en Région bruxelloise ; la Présidence de l’Exécutif, l’Enseignement et la Culture en Communauté française. Fort de cette représentation, le PRL a pu impulser de nombreuses politiques.

En 2002, sous la présidence de Daniel Ducarme, PRL, FDF, MCC et PFF créent le Mouvement Réformateur (MR), nouvelle formation politique centriste, dont la dynamique est celle de la réconciliation entre chaque personne et la société. Soucieux de laisser à chaque composante une identité propre, mais attentif à ce que chacune de ces composantes se rejoigne sur les grandes lignes politiques de son Manifeste, le MR répond ainsi aux attentes de chacun des partenaires de l'ancienne fédération, et propose un programme innovant, basé sur la démocratie libérale, seul système politique durable de représentativité citoyenne et de garantie du pluralisme. Louis Michel est nommé « Chef de file gouvernemental », conformément aux nouveaux statuts du Mouvement.

A la suite des élections fédérales de 2003, le gouvernement Verhofstadt II voit le jour. Le MR y assume plusieurs postes ministériels fondamentaux avec Didier Reynders aux finances, Louis Michel aux affaires étrangères et Sabine Laruelle aux classes moyennes et à l'agriculture. Hervé Jamar devient Secrétaire d'Etat à la Modernisation des Finances et à la Lutte contre la fraude fiscale, adjoint au Ministre des Finances, et Gisèle Mandaïla, Secrétaire d'Etat aux Familles et aux Personnes handicapées.

En 2003, Antoine Duquesne succède à Daniel Ducarme à la présidence du mouvement.

2004 verra apparaître quelques remaniements au sein des postes ministériels assumés par les libéraux, suite au départ de Louis Michel, qui assume à présent la lourde charge de Commissaire européen à la Coopération au développement. Didier Reynders lui succède dans son rôle de Chef de file gouvernemental, tandis que le VLD Karel de Gucht reprend les charges des affaires étrangères. Armand De Decker est nommé Ministre de la coopération au développement.

En octobre 2004, Didier Reynders est plébiscité à la présidence du Mouvement. Fort de cette nouvelle dynamique, le Mouvement met tout en œuvre pour présenter aux citoyens un projet innovant, cohérent et fidèle aux valeurs de la démocratie libérale.